Web (GPX, GeoJSON, Shapefile) · iPhone (GPX, GeoJSON)
Le fichier est déjà là, quelque part dans vos téléchargements : le .zip de limites cadastrales envoyé par le géomètre, le .gpx que le collègue a sorti de son GPS après avoir marché la lisière, l’inventaire d’un stagiaire en GeoJSON. La géométrie existe. Quelqu’un l’a relevée, sur le terrain ou dans un cadastre, et souvent mieux que ne le ferait un doigt sur un écran de téléphone. La redessiner à la main sur le fond IGN serait une double peine — et une perte de précision.
Importer, c’est faire entrer cette matière dans une carte Sylvie. Et le mot mérite d’être précisé tout de suite, parce qu’il décide de ce que vous pouvez en attendre : Sylvie lit le fichier et fabrique des tracés — vos tracés, que vous pourrez renommer, colorier, commenter, exporter comme si vous les aviez posés vous-même. Le fichier, lui, n’est pas conservé. Ce n’est pas un calque référencé qui se mettrait à jour tout seul. C’est une recopie, une fois pour toutes : si le géomètre vous renvoie une version corrigée du parcellaire, il faudra réimporter.
Ce qu’on va voir
Ce que Sylvie sait lire — trois formats, et la liste de ceux qui ne passent pas. Autant le savoir avant d’ouvrir la fenêtre.
Ajouter des tracés à une carte ouverte — le geste inverse : le fichier vient compléter un relevé déjà commencé. Ce n’est pas le même bouton, et pas la même plateforme.
Trois formats, pas plus, et la fenêtre d’import les annonce elle-même sous sa zone de dépôt, dans une section Formats pris en charge :
GPX — traces et points GPS. Le format des GPS de randonnée et de la plupart des applications de terrain.
GeoJSON — .geojson, .json. Le format d’échange du web cartographique, et celui que Sylvie exporte elle-même.
Shapefile — .zip — QGIS, ArcGIS, IGN…. Le vieux format de la chaîne SIG, qui n’est jamais un fichier mais une famille de fichiers, d’où le zip.
Ce qui ne passe pas, la fenêtre le dit aussi, en petit et sans détour : Besoin d’un autre format (KML, DXF, GeoPackage…) ?, suivi d’un lien Écrivez-moi. Ce n’est pas une formule de politesse : le KML de Google Earth, le KMZ, le DXF des géomètres et le GeoPackage ne sont pas lus. Le GeoPackage a de quoi surprendre, puisque Sylvie sait parfaitement en produire un — voir Exporter un livrable — mais l’import n’a pas été écrit dans l’autre sens. Un piège du même ordre vous attend sur l’écran Imports & exports, dont la zone de dépôt annonce .zip (Shapefile), .gpkg, .gpx, .geojson : le .gpkg de cette ligne est une promesse en avance sur le code. Rouvrez le fichier dans QGIS et ressortez-le en Shapefile ou en GeoJSON, c’est aujourd’hui le chemin.
Un mot sur le .json tout court. Sylvie l’accepte, et si l’extension ne dit rien de sûr elle regarde le premier caractère du contenu : un chevron ouvrant et elle tente le GPX, une accolade ou un crochet et elle tente le GeoJSON. C’est commode quand un logiciel a exporté un GeoJSON sous une extension paresseuse ; ça n’aide en rien pour un JSON qui ne serait pas du GeoJSON, et vous récolterez alors un refus poli.
Une carte neuve à partir d’un fichier
C’est le cas le plus fréquent : un fichier arrive, on veut le voir sur le fond IGN, et il n’y a pas encore de carte pour l’accueillir. Sylvie crée alors la carte pour vous, dans le même geste que l’import.
Ajouter des tracés à une carte ouverte
L’autre moitié du sujet, et celle qu’on oublie : le fichier ne fonde pas une carte, il complète un relevé déjà commencé. Vous avez marché la coupe, il vous manque la limite cadastrale ; ou vous tenez la carte du chantier et le collègue vous envoie son parcours GPS de la semaine. Les tracés importés viennent s’ajouter — dans tous les cas, sur toutes les plateformes, rien de ce qui existe déjà n’est effacé ni remplacé.
Le Shapefile, un cas à lui seul
Le Shapefile n’est pas un format, c’est une fratrie : le .shp porte la géométrie, le .dbf la table des attributs, le .shx l’index, le .prj la projection. Séparés, ils ne valent rien. C’est pourquoi Sylvie n’en accepte que l’archive .zip, et pourquoi il a sa propre fenêtre, Importer un Shapefile, sur le web uniquement. Elle s’ouvre d’elle-même dès qu’un .zip entre par l’une des portes d’import — vous n’avez pas à la chercher.
Son sous-titre annonce le contrat en une ligne : Format zip (.shp + .shx + .dbf + .prj) — Lambert 93 ou WGS84.
Ce qui fait le voyage, ce qui reste sur le quai
La géométrie passe toujours. Le reste dépend du format, et l’écart est plus grand qu’on ne l’imagine.
Les formes, d’abord. Sylvie ne connaît que trois types de tracés — point, chemin, surface — et range vos géométries dedans. Un point devient un point, une ligne un chemin, un polygone une surface. Les géométries multiples sont éclatées : un MultiPolygon de trois îlots donne trois surfaces, numérotées, et non un seul objet à trous. Un polygone à trous, justement, perd ses trous : seul le contour extérieur est importé. Et une géométrie que Sylvie ne sait pas traduire est ignorée — avec un avertissement pour le Shapefile, en silence pour le GeoJSON.
Un cas amusant du GPX : une route (rte) dont le dernier point rejoint le premier est reconnue comme fermée et devient une surface, non un chemin. Ce qui est presque toujours ce que vous voulez quand quelqu’un a fait le tour d’une parcelle avec son GPS. Les traces (trk), elles, deviennent des chemins, et leurs segments sont fusionnés en un seul tracé : une trace coupée en trois par des pertes de signal revient en une seule ligne continue, avec les raccourcis que cela implique.
Les attributs, ensuite, et c’est là que les trois formats divergent vraiment.
Le GPX est le plus pauvre, parce que le format lui-même est pauvre : Sylvie y prend le nom, la description ou le commentaire — qui devient le champ commentaire de la fiche — et l’altitude de chaque point quand elle y est. Rien d’autre. Ni essence, ni couleur, ni parcelle : le GPX ne sait pas les dire. Un fichier sans nom sur ses éléments repart avec des noms de série — Point 1, Chemin 2, Itinéraire 3, Surface 4 — qui sont un pense-bête, pas un inventaire.
Le GeoJSON est le plus riche, à condition que ses propriétés portent les bons noms. Sylvie y cherche name ou nom, color ou couleur, puis essence, diametre, commentaire — ou description —, parcelle, traitement, date_intervention et categorie. Deux exigences de forme : une couleur n’est retenue que si elle s’écrit en hexadécimal à six chiffres, et une catégorie n’est acceptée que si elle correspond exactement à l’une des huit catégories de Sylvie. Toute autre propriété — et un GeoJSON produit par un SIG en compte souvent des dizaines — est abandonnée sans avertissement. Si votre fichier porte une colonne précieuse sous un autre nom, renommez-la avant d’importer : c’est plus rapide que de la ressaisir ensuite.
Le Shapefile est le seul où vous avez la main, par la table de correspondance. C’est même sa vraie supériorité sur les deux autres : rien n’est deviné, tout est montré, et vous décidez. Les colonnes que vous n’avez pas mappées ne sont conservées nulle part.
Ce qui ne passe jamais, quel que soit le format : la symbologie. Le style que vous avez patiemment réglé dans QGIS — les couleurs par classe, les hachures, les épaisseurs de trait, les étiquettes — n’a aucune traduction dans Sylvie. Un fichier SIG transporte des données et un logiciel refait sa propre représentation par-dessus ; Sylvie ne fait pas exception. La couleur ne survit que par un chemin étroit et explicite : une colonne mappée sur Couleur en Shapefile, ou une propriété color/couleur en GeoJSON. Autrement, tous vos tracés arrivent de la même teinte, et c’est à vous de les classer — ce qui est justement le sujet de Composer une légende, où la couleur n’est pas une décoration mais votre classement.
Les photos ne passent pas non plus, faute d’avoir jamais tenu dans un de ces fichiers. Et les horodatages des points d’une trace GPX suivent une règle inattendue : ils sont bien lus des deux côtés, mais seul l’iPhone les conserve sur les coordonnées ; l’import web ne garde de chaque point que sa latitude, sa longitude et son altitude. Sur une trace de parcours, c’est la vitesse et les heures de passage qui disparaissent — la forme du chemin, elle, est intacte.
Qui a le droit d’importer
Une règle simple : importer, c’est écrire. Il faut donc en avoir le droit sur la carte visée.
Dans l’éditeur web, le bouton Importer n’apparaît que si vous avez l’édition — propriétaire de la carte, ou invité avec la permission Édition. Un lecteur ou un commentateur ne le voit pas du tout, et ce n’est pas une coquetterie d’affichage : le serveur refuserait l’écriture de toute façon, autant ne pas proposer le geste. Le détail des rôles est dans Travailler à plusieurs.
Dans le back-office web, en revanche, le bouton Importer est toujours là — y compris sur l’écran Cartes partagées, où sa présence peut induire en erreur. Il n’y a pas de contradiction : vous avez toujours le droit de créer votre carte à partir d’un fichier. C’est le sélecteur qui tranche, et il le fait discrètement : Ajouter à une carte existante ne liste que vos cartes, jamais celles qu’un collègue vous a ouvertes. Pour verser un fichier dans la carte d’un autre, il faut l’ouvrir et passer par le bouton de l’éditeur — donc y avoir l’édition.
L’iPhone applique la même logique par la même voie : le sélecteur Carte existante ne propose que vos cartes, et laisse de côté les cartes partagées comme celles de la corbeille.
Quand Sylvie refuse
Les messages d’import sont écrits pour dire quoi faire, et il vaut la peine de savoir lequel demande quoi.
Le fichier n’est pas lisible.Fichier GPX invalide (XML malformé). ou Fichier GeoJSON invalide (JSON malformé). : le fichier est cassé ou tronqué — un téléchargement interrompu, un mail qui a mangé la fin. Redemandez-le, ne le réparez pas à la main.
Le fichier est lisible mais vide de ce que Sylvie cherche.Aucune trace trouvée dans le fichier GPX., Aucune géométrie exploitable trouvée dans le GeoJSON., ou pour un zip Aucune géométrie exploitable trouvée dans le Shapefile (fichier vide ou types non supportés). Le cas typique est une couche exportée vide, ou une couche qui ne contient que des géométries que Sylvie ne traduit pas. Rouvrez-la dans QGIS : si elle est vide là aussi, le problème est en amont.
Le format n’est pas le bon.Format non reconnu. Extensions supportées : .gpx, .geojson, .zip (Shapefile). C’est le message du KML, du DXF, du GeoPackage et du tableur qu’on aurait bien voulu déposer. Un détour par QGIS pour ressortir la couche dans l’un des trois formats lus, et c’est réglé.
Le zip n’est pas complet.Aucun couple .shp + .dbf trouvé dans le zip. Fournissez le zip complet (.shp + .shx + .dbf + .prj). — ou Impossible de lire le zip. Vérifiez que vous avez bien fourni l’archive complète. quand l’archive elle-même est illisible — ou n’est pas une archive du tout, cas du .shp déposé seul.
La projection n’est pas gérée.CRS non supporté en v5… Le seul message qui exige un vrai travail préalable, et il ne se contourne pas : reprojetez en Lambert 93 ou en WGS84.
C’est trop gros. Les deux plafonds du Shapefile, 200 Mo et 50 000 features, avec dans les deux cas la même consigne : simplifier ou découper avant d’importer. À noter qu’un GPX ou un GeoJSON, lui, n’a aucune limite de taille codée — ce qui ne veut pas dire qu’un fichier énorme passera confortablement, seulement que Sylvie ne l’arrêtera pas à l’entrée.
Sur l’iPhone, les mêmes situations se disent presque avec les mêmes mots — Fichier GPX invalide (XML malformé)., Aucune trace géographique trouvée dans le fichier., Format non reconnu. Extensions supportées : .gpx, .geojson —, dans un écran Import impossible qui n’offre qu’un bouton Fermer. Rien n’a été écrit dans vos cartes : un import qui échoue échoue entièrement, il ne laisse pas de moitié derrière lui.
Un mot pour finir sur ce qui n’est pas une erreur. Aucun écran ne vous propose de choisir quels tracés importer : tout ce qui a été lu est importé. Le décompte affiché avant validation est donc votre unique fenêtre de contrôle, et Annuler votre unique porte de sortie. Si les cinquante tracés d’une couche vous encombrent, la manœuvre propre consiste à les faire entrer dans une carte neuve — quitte à la jeter ensuite — plutôt que de les mélanger à un relevé que vous devrez démêler tracé par tracé.
Et si vous voulez retrouver ce qui est passé par là, la page Imports & exports en tient l’Historique sur 180 jours : chaque opération avec sa pastille Import ou Export, le nom du fichier, le format, la projection, le nombre de tracés, et le nom de la carte concernée — cliquable, quand la carte existe encore. Le Tableau de bord en montre l’écho dans son activité récente, sous la forme Import de …. C’est peu de chose et c’est très utile le jour où l’on cherche laquelle des deux versions du parcellaire a fini dans la carte.
Vos tracés sont là, à vous maintenant. Ils se renomment, se colorient, se complètent au doigt comme les autres — voir Éditer une carte existante — et ils repartiront dans le format que voudra votre destinataire, ce qui est le sujet d’Exporter un livrable. Un dernier conseil, pour la route : ce que vous avez pris la peine de mapper à l’import, la légende saura s’en servir. Le champ Parcelle en est le bon exemple : aucun formulaire de la webapp ne vous le propose à la saisie, si bien qu’il ne se remplit que par ce qui entre dans la carte — un Shapefile dont vous avez branché la colonne des parcelles dessus, un GeoJSON qui porte une propriété parcelle, ou une synchronisation ArcGIS. Et c’est ce qui débloque, dans le cartouche, un regroupement autrement grisé.