L’invitation est partie hier. Le bûcheron l’a acceptée depuis la cabine, le stagiaire depuis le bureau, et la carte de la coupe est maintenant ouverte sur trois écrans à la fois. Personne n’a plus rien à partager : le travail commence.
C’est là que les questions changent de nature. Où est passée cette carte, puisqu’elle n’est pas dans mes cartes ? Pourquoi le crayon a disparu ? Comment je signale au bûcheron que la limite sud n’est pas la bonne, sans lui téléphoner à six heures du soir ? Et quand le chantier est fini, comment je fais le ménage ?
Ce guide répond à celles-là. Pour donner l’accès — inviter quelqu’un, ouvrir un lien public, faire scanner un QR code, transmettre une copie —, c’est l’autre guide : Partager une carte.
Première chose à savoir, parce qu’elle explique la moitié des « je ne la trouve pas » : une carte reçue n’arrive pas dans vos cartes. Elle a son rayon à elle, et il porte le même nom partout ou presque. Les vôtres restent les vôtres ; celles des autres se rangent à côté.
Deuxième chose : elle ne s’ouvre pas toute seule. Une invitation attend votre accord, et tant que vous ne l’avez pas donné, la carte n’est pas vraiment à vous. Vous acceptez, ou vous refusez — et refuser ne vexe personne, le propriétaire peut réinviter.
Une fois l’invitation acceptée, la carte se tient à jour d’elle-même. Vous n’avez rien à rafraîchir, rien à re-télécharger : ce que le propriétaire corrige arrive chez vous.
Ce que votre droit permet
Quand on vous ouvre une carte, on vous ouvre aussi un cran : lire, commenter ou modifier. Ce n’est pas une formalité administrative, c’est ce qui décide de ce que vos doigts pourront faire dessus. Le vocabulaire varie un peu d’un écran à l’autre — Lire / Commenter / Modifier sur le téléphone, Lecture seule / Commentaires / Edition sur le web — mais l’échelle est la même partout.
En clair :
Lecture — vous voyez la carte, les tracés, leurs fiches, et les discussions déjà ouvertes. Vous n’écrivez rien.
Commentaire — vous ne touchez pas aux tracés, mais vous parlez dessus. Sur iPhone, ce niveau ouvre aussi la couleur du tracé, et rien d’autre.
Édition — vous ajoutez, modifiez et supprimez des tracés, comme le propriétaire. L’aide de l’iPhone le résume sans détour : À réserver à vos collaborateurs proches.
Trois choses ne dépendent d’aucun de ces niveaux, parce qu’elles appartiennent au propriétaire, et à lui seul : re-partager la carte, la renommer, la supprimer. Même en édition, ces boutons-là ne sont pas les vôtres.
Une exception, une seule : si l’on vous a donné l’édition, vous pouvez transmettre une copie de la carte à quelqu’un — une carte neuve, chez lui, dont il devient propriétaire. Le geste, ses conséquences et son écran sont décrits dans Partager une carte. Sachez seulement que le propriétaire d’origine n’en sera pas informé.
Se parler au-dessus d’un tracé
Voici le geste qui vaut le partage. Une carte à plusieurs sans conversation, c’est un plan affiché au mur ; avec, c’est un chantier qui se règle.
Le principe tient en une phrase, et il faut l’avoir en tête avant de chercher le bouton : la discussion n’est pas attachée à la carte, elle est attachée à un tracé. Il n’y a pas de fil général où l’on parlerait de la coupe en gros. Il y a un fil par point, par chemin, par surface — celui de l’arbre douteux, celui du layon à reprendre, celui de la limite sud. On ouvre le tracé, on trouve la conversation qui le concerne. C’est plus étroit qu’une messagerie, et bien plus utile : six mois après, le message est encore accroché à l’endroit dont il parle.
Le @ fonctionne partout pour interpeller quelqu’un, et la personne mentionnée reçoit une notification qui la ramène directement au bon message.
Un mot pour éviter une déception : le lien public ne se commente pas. La page ouverte sans compte, à l’adresse app.sylvie-foret.com/partage/…, est faite pour regarder et pour télécharger, rien d’autre. Si vous voulez la réponse écrite de quelqu’un, il lui faut un compte Sylvie et une vraie invitation.
Voir qui est là
Savoir qu’un collègue est en train de regarder la même carte que vous change la façon de travailler : on attend deux minutes plutôt que de déplacer un sommet sous ses yeux, on l’appelle pendant qu’il y est.
Cette information n’existe que sur le web. Ce n’est pas un oubli de rédaction : les applications iPhone et Android ne l’affichent pas, et il ne faut pas la chercher.
Reste la question que tout le monde se pose au premier chantier à deux : et si l’on écrit au même endroit en même temps ? Sylvie ne vous demandera pas d’arbitrer. Il n’y a pas de fenêtre de conflit, pas de version A contre version B : la dernière modification enregistrée est celle qui reste. En pratique, cela se passe très bien, parce qu’on travaille rarement sur le même arbre à la même seconde. Mais si vous êtes deux à reprendre la même limite de parcelle, mieux vaut vous le dire — d’où l’utilité des pastilles ci-dessus, et de la discussion attachée au tracé.
Quitter une carte
Le chantier est fini, la carte du voisin n’a plus de raison d’encombrer votre liste. Une carte reçue ne se supprime pas — elle n’est pas à vous — mais on peut s’en retirer. Le geste n’a pas la même solidité partout, et c’est le passage du guide où il faut lire l’encart de sa plateforme.
Et pour comparer deux cartes
Un mot pour finir, parce que la question vient souvent au même moment : on peut afficher une autre carte par-dessus celle qui est ouverte, y compris une carte qu’on vous a partagée, en lecture seule — le geste s’appelle Ajouter d’autres cartes sur le téléphone, Cartes superposées sur le web. Ce n’est pas de la collaboration, malgré les apparences : la superposition ne vit que sur votre appareil, personne d’autre ne la voit. Elle appartient au réglage de l’affichage, et elle est décrite pas à pas dans Changer un fond de carte.