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Composer une légende

Web (la légende s’affiche aussi sur Android)

Le plan est parti chez le propriétaire. Il l’ouvre, il voit du rouge, du vert, un trait épais qui coupe la parcelle en deux, et il vous appelle : c’est quoi, le rouge ? Vous le savez, vous — le rouge, c’est le chablis de janvier, et le trait, c’est la limite avec le voisin. Mais votre carte, elle, ne le dit à personne.

Composer une légende, c’est mettre par écrit ce que vos couleurs veulent dire, pour que la carte tienne debout toute seule : chez le propriétaire, dans la cabine du bûcheron, dans le dossier du notaire, à l’ouverture d’un fichier dans QGIS trois ans plus tard.

Une précision de vocabulaire, parce qu’elle décide de tout le reste : dans Sylvie, la légende est une boîte récapitulative — un titre, une liste de pastilles, un libellé par pastille — posée dans un coin de la carte. Ce n’est pas le cartouche complet des plans papier : il n’y a ni échelle graphique, ni flèche du nord à composer. Le titre et la date, eux, existent, mais ailleurs : ils s’ajoutent au moment d’exporter une image, et on y revient à la fin.

Ce qu’on va voir

Avant la légende, les tracés

La légende de Sylvie ne s’invente pas : elle se déduit de vos tracés. Vous ne partez jamais d’une boîte vide, l’application propose d’emblée une entrée par couleur distincte, et elle essaie même de trouver le libellé toute seule.

Comment ? En cherchant un point commun. Si tous les tracés d’une même couleur portent la même essence, l’essence devient le libellé. Sinon elle regarde le traitement sylvicole, puis la catégorie, puis la parcelle — dans cet ordre. S’il n’y a aucun accord dans le lot, elle laisse le libellé vide et vous laisse écrire : sur ce coup-là, vous savez mieux qu’elle.

D’où la règle pratique, un peu contre-intuitive : une carte où les couleurs ont été posées au hasard donne une légende vide, et une carte où le rouge veut toujours dire la même chose donne une légende presque écrite. La couleur, dans Sylvie, n’est pas une décoration ; c’est votre classement.

La forme de la pastille, elle, se déduit du type des tracés : un carré quand tout le groupe est en surfaces, un trait quand tout est en chemins ou en parcours GPS, un disque quand tout est en points. Mélangez les trois sous une même couleur, et vous récoltez un carré par défaut.

Composer le cartouche

Le geste se fait sur app.sylvie-foret.com, et là seulement. Ce n’est pas un renvoi de principe : ni l’iPhone ni Android n’ont d’écran pour créer ou modifier une légende. Vous aurez besoin du droit Édition sur la carte — le vôtre si vous en êtes propriétaire — ; en lecture ou en commentaire, les boutons dont on parle ici ne s’affichent tout simplement pas.

Une carte n’a qu’une seule légende. On ne compose pas deux cartouches côte à côte : on en compose un, et on l’ajuste.

Une chose que l’on découvre en général par accident, et qui mérite d’être dite : vos libellés survivent aux changements de regroupement. Si vous rebaptisez une entrée « Chablis janvier 2026 » et que vous basculez de Couleur vers Essence puis revenez, votre texte est toujours là. Ce que vous avez masqué reste masqué. L’application ne réécrit que ce qu’elle avait écrit elle-même.

Régénérer depuis les tracés ne joue pas dans cette catégorie, et c’est le seul lien de la modale qui mérite une seconde d’hésitation. Là où changer de regroupement conserve, régénérer écrase : les libellés que vous avez réécrits redeviennent ceux que l’application déduit des tracés, et les entrées que vous aviez masquées réapparaissent. En mode Manuel, c’est plus radical encore — la liste est reconstruite par couleur et le mode bascule sur Couleur, emportant les entrées ajoutées à la main. Le geste a son usage, celui du retour de terrain où la carte n’a plus grand-chose à voir avec sa légende ; ce n’est simplement pas un bouton de rafraîchissement. Et comme rien n’est écrit avant Enregistrer, Annuler reste la sortie de secours.

Reste le geste que personne ne fait assez : masquer plutôt que supprimer. Une entrée masquée disparaît du cartouche mais reste dans la modale, prête à revenir. C’est exactement ce qu’il faut quand la même carte sert deux publics — le plan pour le propriétaire n’a pas besoin des repères de chantier du bûcheron.

Où la légende s’affiche, et où elle ne s’affiche pas

C’est ici que les plateformes divergent le plus, et le savoir vous évitera de chercher un écran qui n’existe pas.

L’emporter dans le livrable

Une légende qui ne survit pas au fichier ne sert à rien. Voilà donc, sans détour, ce qui l’emporte et ce qui la laisse derrière.

Le seul export qui garde le cartouche, c’est l’image. Dans le menu d’export du web, l’entrée Image (PNG) l’annonce dans son sous-titre : Capture visuelle de la carte (annotations + cartouche incluses). La modale Exporter en image vous demande d’abord un Titre de la carte, en prévenant que le titre et la date du jour seront affichés en haut de l’image exportée — c’est là, et nulle part ailleurs, que Sylvie fabrique un bandeau titre-et-date. Puis, si vous avez une légende, une case Inclure la légende dans l’image, cochée d’avance, avec son rappel de l’état courant : Cartouche actuellement affiché ou masqué sur la carte.

Ce rappel n’est pas là pour décorer, et c’est le piège de tout l’export : la case ne sait que retirer, jamais ajouter. L’image est une photographie de l’écran, et un cartouche éteint par le bouton Légende n’est pas seulement invisible — il n’est plus là du tout, et aucune case ne peut le rappeler. Décocher Inclure la légende dans l’image sert donc à l’inverse : sortir du fichier un cartouche que vous gardez affiché pendant que vous travaillez. La règle tient en une ligne : affiché à l’écran, sinon absent du PNG. Si la case est cochée mais que le rappel dit masqué sur la carte, c’est le rappel qui a raison — refermez la modale, rallumez le bouton Légende, exportez ensuite.

Le GeoPDF, malgré son sous-titre engageant, ne prend pas la légende : il rasterise l’image de la carte elle-même, et le cartouche est un habillage posé par-dessus, hors de cette image. Même chose pour l’export en image depuis la page de partage public. Quant au GPX, au GeoJSON, au Shapefile, au GeoPackage et au tableau CSV, ils transportent des données et non une mise en page — un logiciel SIG refait sa propre symbologie à partir des attributs que vos tracés portent, ce qui est une autre bonne raison de remplir sérieusement essence, traitement et catégorie.

Le détail des formats, de leurs contenus respectifs et des gestes pour les obtenir est dans Exporter un livrable.

Un dernier réflexe, pour finir là où l’on a commencé. La légende se lit sur un fond, et le fond change tout : un cartouche blanc sur une orthophoto sombre ne se lit pas comme sur un plan IGN clair, et une entrée « Limite » n’a pas la même évidence selon qu’on l’ait posée sur le cadastre ou sur la photo aérienne. Réglez le fond, réglez la légende, exportez ensuite — dans cet ordre. Le choix du fond a son propre guide : Changer un fond de carte.

Cartographiez. Partagez. Gérez.

Sylvie Forêt est gratuite pendant la bêta. Disponible sur iPhone, Android et sur ordinateur. Commencez en 30 secondes.

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