Plus-value de cession forestière : fiscalité et abattements 2026
Vendre sa forêt : comment calculer la plus-value, quels abattements pour durée de détention, et quelles exonérations spécifiques s'appliquent en 2026.
Vendre une propriété forestière génère en principe une plus-value imposable. Mais grâce aux abattements pour durée de détention, une forêt détenue depuis plus de 22 ans peut être vendue en totale exonération d'impôt sur le revenu. Voici comment fonctionne la fiscalité des plus-values forestières en 2026.
Quel régime fiscal s'applique à la vente d'une forêt ?
La vente d'une forêt ou d'un terrain boisé par un particulier relève du régime des plus-values immobilières des particuliers, codifié aux articles 150 U et suivants du CGI. Ce régime s'applique dès lors que la forêt est détenue en dehors d'une activité professionnelle.
La plus-value brute est égale à la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition (ou la valeur vénale au jour d'une donation ou succession antérieure), majoré des frais d'acquisition — frais réels, ou forfait de 7,5 % pour un achat. Elle est ensuite réduite par des abattements progressifs selon la durée de détention, avant d'être imposée.
Abattements pour durée de détention : le temps joue pour vous
Le taux global d'imposition sans abattement est de 36,2% : 19 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux (taux maintenu en 2026 pour les plus-values immobilières). Mais des abattements progressifs s'appliquent :
| Durée de détention | Abattement IR (19%) | Abattement PS (17,2%) |
|---|---|---|
| Moins de 6 ans | 0% | 0% |
| 6e à 21e année | 6% par an | 1,65% par an |
| 22e année | 4% (exonération totale IR) | 1,60% |
| 23e à 30e année | Exonéré d'IR | 9% par an |
| Au-delà de 30 ans | Exonéré d'IR | Exonéré de PS |
En pratique : après 22 ans de détention, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu (exonération complète de la part à 19 %). Après 30 ans, elle est aussi exonérée de prélèvements sociaux — la vente est donc totalement nette d'impôt. Avant 22 ans, une taxe supplémentaire de 2 à 6 % s'ajoute lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 € : une forêt n'étant pas un terrain à bâtir, elle y est soumise (BOFIP, BOI-RFPI-TPVIE).
Exemple chiffré
Vous achetez une forêt 80 000 € en 2004 et la vendez 160 000 € en 2026 — soit 22 ans de détention. Avec le forfait de 7,5 % pour frais d'acquisition, le prix d'acquisition retenu est de 86 000 € : plus-value brute de 74 000 €.
- IR (19%) : abattement total à 22 ans → 0 € d'impôt sur le revenu ;
- PS (17,2%) : abattement de 16 × 1,65 % (6e à 21e année) + 1,60 % (22e année) = 28 % → base de 74 000 × 0,72 = 53 280 € × 17,2 % = 9 164 € de prélèvements sociaux.
Pour un gain de 80 000 €, vous ne payez que 9 164 € de prélèvements sociaux et aucun impôt sur le revenu, soit environ 11,5 % du gain — contre 36,2 % sans abattement.
Exonérations spécifiques aux ventes forestières
Plusieurs cas d'exonération totale s'appliquent indépendamment de la durée de détention (liste officielle, BOI-RFPI-PVI-10-40) :
- Petits prix de cession : si le prix de vente est inférieur ou égal à 15 000 €, la plus-value est totalement exonérée ;
- Résidence principale : seules les dépendances immédiates et nécessaires de la résidence principale, vendues en même temps qu'elle, profitent de l'exonération — ce qu'une parcelle boisée est rarement ;
- Opérations d'aménagement foncier rural (AFAF) : les échanges de parcelles dans le cadre d'une restructuration foncière sont exonérés de plus-value ;
- Expropriations : la plus-value est exonérée si l'indemnité d'expropriation est réemployée dans les conditions prévues par la loi.
Réduction propre aux forêts : 10 € par hectare et par an
Lorsqu'un particulier vend une forêt, l'impôt sur le revenu dû sur la plus-value est diminué de 10 € par hectare et par année de détention (article 150 VF du CGI, BOFIP, BOI-RFPI-PVI-30-30-10). Exemple : 20 ha détenus 12 ans, soit 2 400 € d'impôt en moins. Cette réduction ne s'applique ni aux prélèvements sociaux, ni aux ventes réalisées par un groupement forestier.
Plus-value et GFF : ce que coûte l'apport
Si vous souhaitez transmettre votre forêt plutôt que la vendre, l'apport à un Groupement Forestier Familial facilite la transmission, mais il a un coût fiscal à anticiper :
- Pour un particulier, l'apport d'une forêt à un groupement est une cession à titre onéreux : la plus-value est imposable l'année de l'apport, après les abattements pour durée de détention (BOFIP, BOI-RFPI-PVI-10-30, § 100). Il n'y a pas de sursis d'imposition : le régime de faveur de l'article 238 quater ne vise que les entreprises et les sociétés à l'IS ;
- Lors de la transmission des parts par succession ou donation, la loi Monichon exonère 75 % de leur valeur, sans condition de durée de détention pour des parts reçues en échange d'un apport ;
- Une donation fige la valeur des biens transmis : le donataire qui revend plus tard n'est imposé que sur la plus-value réalisée depuis la donation.
Pour comprendre l'ensemble de la stratégie fiscale : Fiscalité forestière 2026 : DEFI, IFI, Monichon, aides →
Et pour suivre vos interventions forestières : Logiciels de gestion forestière : comparatif →